jeudi 27 juillet 2017

La zone du dehors - Alain Damasio

Alain Damasion La zone du dehors, première de couverture Captp est un 5-lettré habitant Cerclon : megalopole confinée sur un satellite de Saturne où les terriens en fuite des guerres chimiques se sont installés. Dans cette société dystopique (encore?!) le système du clastre hiérarchise la population en fonction des compétences et de la popularité de chaque individu, qui se voit attribuer un prénom selon son classement (le président étant A). Comme c'est confortable! chacun à sa place et une place pour chacun. La règle: éviter de faire des remous pour ne pas descendre au classement et perdre ses privilèges. La majorité de la population a accepté de plein gré ce mode de contrôle et de surveillance.
Captp, professeur de philosophie à l'université, ne l'entend pas de cette oreille : il n'est pas prêt à perdre en liberté pour gagner en confort, même après les guerres chimiques subies par la terre. Il ne veut pas d'une société qui assigne leur personnalité aux individus, sous peine d'être déclastrés. C'est pour cela qu'il a participé au mouvement de l'évolte et qu'il continue à militer avec ses amis (Slift, Kamio, Brihx et Obffs) au sein de la Volte. Charismatique et passionné, jusqu'où ira-t-il ?
Ce livre m'a beaucoup fait réfléchir. J'ai été déçue du fait qu'il n'y ait aucune figure féminine marquante (Boule de chat sert plus de potiche coquine et ne s'attaque pas vraiment au problème de fond). J'ai toutefois adoré les interactions entre Captp et Boule de chat. ^^
Citation
Se libérer, ne croyez surtout pas que c’est être soi-même. C’est s’inventer comme autre que soi. Autres matières : flux, fluides, flammes… Autres formes : métamorphoses. Déchirez la guangue qui scande “vous êtes ceci”, “vous êtes cela”, “vous êtes…”. Ne soyez rien : devenez sans cesse. L’intériorité est un piège. L’individu ? Une camisole. Soyez toujours pour vous-mêmes votre dehors, le dehors de toute chose.

jeudi 23 mars 2017

Player one - Ernest Cline

Philippe Claudel Le rapport de Brodeck, première de couverture Encore une dystopie, en ce moment c'est la saison! Pour moi qui apprécie la réalité virtuelle, la lecture de ce livre agrémenté de milliards de références geek (jeu vidéo, films, série, musique...) fut un pur bonheur ! Wade est un jeune qui vit dans un quartier défavorisé dans un futur proche. Il a accès comme tout un chacun à un monde virtuel (l'OASIS) via un casque de réalité virtuelle. L'auteur en profite pour montrer les influences positives et négatives de ce dispositif sur la société, notamment : tout est virtuel, on ne sait pas qui sont les gens que l'on rencontre, tout le monde reste chez soi, fuit la réalité pour aller dans l'OASIS au lieu de s'occuper d'arranger les choses dans la réalité... en gros ça durcit le trait de notre internet actuel.
Le créateur de ce monde vient de mourrir et il organise une sorte de chasse au trésor/à l'easter egg. Avec à la clé, une fortune indécente à gagner et le contrôle de l'OASIS. La "méchante multinationale" IOI est aussi sur le coup de l'easter egg... s'engage alors une lutte féroce entre IOI et les "chassoeufs". Le début est un peu long le temps que l'auteur pose le décor et les règles de l'OASIS, puis on suit Wade dans sa chasse à l'oeuf et c'est comme si on y était, c'est très prenant, dur de lacher le bouquin sur les 150 dernières pages, vous êtes prévenu(e)s! J'ai surkiffé de la mort le passage où Wade drague une petite geekette. Ils se cherchent comme un chat et une souris, c'était férocement juste, ça sonnait r0m4nt1qu3... oula je m'enflamme!
Citation (je n'ai pas trouvé mieux et je n'ai plus le bouquin...snif)
“It was Art3mis. She wore a suit of scaled gunmetal-blue armor that looked more sci-fi than fantasy. Twin blaster pistols were slung low on her hips in quickdraw holsters, and there was a long, curved elvish sword in a scabbard across her back. She wore fingerless Road Warrior–style racing gloves and a pair of classic Ray-Ban shades. Overall, she seemed to be going for a sort of mid-’80s postapocalyptic cyberpunk girl-next-door look. And it was working for me, in a big way. In a word: hot.”

mercredi 15 mars 2017

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel

Philippe Claudel Le rapport de Brodeck, première de couverture J’avais déjà lu les 2 BDs de Manu Larcenet inspirées de ce bouquin (ouais j’avais commencé par le dessert ^^), et qui m’avaient BIEN CALMEE… ou plutôt éradiqué un instant toute ma joie de vivre et ma foi en l’humanité. J’ai aussi cru comprendre que le bouquin originel était PIRE. Je m’étais donc giga préparée psychologiquement avant de m’y attaquer. Et bien finalement ça s’est plutôt bien passé. M’enfin j’avais l’impression de l’avoir déjà lu. C’est là que je remarque que Manu Larcenet a fait un travail remarquable !
Brodeck vit dans un village de montagnes juste après la guerre de 39-45. Les villageois sont plutôt fermés et il est le dernier arrivé dans le village ce qui en fait une proie facile. Suite à un événement arrivé dans le village, on lui demande d'en rédiger un rapport. A partir de là tout s'entremêle, l'histoire du village, l'histoire de Brodeck avant le village, pendant la guerre etc... Je ne pense pas qu'un vice humain soit épargné dans ce bouquin très noir. C'est la quintescence de la noirceur qui en fait un bouquin d'exception ainsi que l'alternance au moment où on s'y attendait le moins avec un petit passage de poésie légère... ouf! on respire! D'une certaine manière ça m'a rappelé le bouquin le plus noir que j'avais lu jusqu'à maintenant : Moi Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée. Le style m'a plu, j'ai trouvé ça bien écrit.
Citations : "Moi, depuis tout petit, j'aime les questions, et les chemins qui mènent à leurs réponses. Parfois d'ailleurs, je finis par ne connaître que le chemin, mais ce n'est pas grave: j'ai déjà avancé.", "Une vieille chanson de la montagne dit que lorsque l'amour frappe à la porte, il ne reste que la porte, et que tout le reste disparaît.", "J'ai entendu pour la première fois une petite voix que je ne connaissais pas, une petite voix d'enfant qui venait de notre chambre, et qui frottait des syllabes les unes contre les autres, comme on frotte des silex pour en faire jaillir le feu, et cela donnait une mélodie de cascade joyeuse, libre, échevelée, un babil folâtre..."

samedi 25 février 2017

Le meilleur des mondes - Aldous Huxley

Aldous Huxley Le meilleur des mondes, première de couverture Ce roman de SF s’enchaîne plutôt bien avec 1984 car il en a malheureusement les mêmes défauts : une SF qui a pris un peu la poussière. On sent l’écart qui s’est creusé entre les siècles (oui là je ne parle même plus de générations), pas tant au niveau du fond qui colle encore avec notre monde (cf. citations) mais plutôt la forme et le vocabulaire qu’il utilise (« nègre » -nan mais ?-, « Notre Ford » -so 1930-), ça a un peu décrédibilisé le bouquin, on peut pas faire de la SF historique, c’est le grand écart !). Venons-en au fait, c’est une utopie qui fait peur : les humains sont « mis au monde » en laboratoire, ils sont séparés en castes. Les castes les plus élevées sont compliquées à créer et produiront des humains ayant de meilleures aptitudes. Tous sont soumis pendant leur enfance à un enseignement hypnopédique dans leur sommeil qui les rendra dociles et satisfaits de leur place dans la société : effrayant! Un peu dur à lire au début car il y a plusieurs narrations en parallèle et elles s’entrecroisent… à un rythme assez violent, mais ça passe au fur et à mesure de la lecture. Je me demande si Werber n’a pas emprunté ce style à Huxley ?
Pour finir sur une note plus positive, j’ai adoré les passages où l’on était dans la tête de Lénina et qu’elle était toute fofolle ainsi que de nombreuses réflexions sur le bonheur, l’obéissance, les interactions et le regard des autres, la stabilité vs les pulsions... que je trouve tout à fait actuelles. Sur la fin, Huxley utilise John pour lui faire porter l’antithèse de cette utopie et conclure le débat sur de beaux arguments.
Citations : "Les mots peuvent ressembler aux rayons X : si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi.", "L'une des fonctions principales d'un ami consiste à subir (sous une forme plus douce, et symbolique) les châtiments que nous désirerions, sans le pouvoir, infliger à nos ennemis." et Lénina "Presse-moi, blesse-moi, caresse-moi sans cesse ; embrasse-moi jusqu'au coma ; presse-moi sans faiblesse"

samedi 28 janvier 2017

L'arabe du futur - Riad Sattouf

Riad Sattouf - L'arabe du futur, première de couverture J'ai profité de la sortie du 3ème tome pour me lire la trilogie. J'ai beaucoup aimé. Ces BDs relatent de l'enfance de l'auteur au moyen orient (en Libye puis en Syrie) de 1978 à 1987. Riad est un jeune français blond qui vit dans un petit village près de Homs. On suit sa vie au quotidien, son intégration à l'école, dans la famille, dans le voisinage... Ces BDs sont empreintes de douceur et de nostalgie, de naïveté et d'innocence d'enfant. Quasiment tout est tourné au positif. Mais je me dis que sa mère a du bien en chier quand même :) En tout cas, ça a dû être une enfance extrêmement riche ! 2 autres tomes semblent prévus, j'ai hâte ! :)

vendredi 23 décembre 2016

1984 - Georges Orwell

Georges Orwell 1984, première de couverture A mon tour de le lire, après l'article de B. à ce sujet.
Effectivement, ce livre fait froid dans le dos. Et en passant, joyeux anniv miss!
J'ai été particulièrement touchée par la rencontre avec Julia. J'ai d'ailleurs relevé une citation que je trouve magnifique : La grâce négligente de ce geste semblait anéantir toute une culture, tout un système de pensées, comme si Big Brother, le Parti, la Police de la Pensée, pouvaient être rejetés au néant par un unique et splendide mouvement du bras. Cela aussi était un geste de l’ancien temps.
Bon après -spoilers- c'était la grosse déprime et je n'ai pas vraiment apprécié la fin... mais bon, à quoi m'attendais-je?

jeudi 20 octobre 2016

Le miroir de Cassandre - Bernard Werber


Le miroir de Cassandre, première de couverture
Encore un petit Werber pour la route. Rien de neuf sous le soleil mais ça fait toujours du bien. Le thème (probabilité, avenir, futur) me tenait moins à coeur que le thème de ma précédente lecture de cet auteur (sur le sommeil)... j'ai donc moins accroché. Par contre, la protagoniste, Cassandre, aime bien l'étymologie, ce qui a donné lieu à quelques apprentissages intéressants au cours du bouquin.
Cassandre donc, est une jeune fille de 17 ans qui a l'air d'avoir pas mal de soucis dans son école spécialisée. Elle fugue et on va suivre ses rencontres (Charlotte, les clochards, les gitans, le ministère de la Prospective) et en découvrir plus sur son passé et sa famille tout au long du bouquin... sur fond de mythologie grecque. Oui c'est un peu téléphoné... Pour une fois je vais évoquer la fin : elle ne m'a pas plue. Est ce que Werber a envie de faire un Cassandre II le retour de la vengeance? En tout cas il reste pas mal de points en suspens. Même si je pense que c'est le bouquin de Werber sur lequel j'ai le moins accroché, il y a quand même quelques réussites, comme son chapitre 106, le concept de rétro-futurologie ou quelques citations ("La terre ne nous a pas été léguée par nos parents, elle nous a été prêtée par nos enfants", "Vivre à deux, c'est résoudre ensemble des problèmes qu'on n'aurait pas si on vivait tout seul", "La vérité est une grenade dégoupillée à utiliser avec parcimonie et pas avec n'importe qui", et "C'est pas parce qu'ils ont tous tort qu'ils ont raison")